En Iran, la conjoncture économique s’est profondément détériorée en 2025, marquée par un enchaînement de conflits armés, une instabilité politique grandissante et des coupures massives d’Internet imposées par le régime. Ces mesures de cybercensure, censées contenir les mouvements sociaux, agissent comme un coup de grâce pour les petites entreprises, qui dépendent désormais d’une connectivité Internet fragile et intermittente pour demeurer actives. Derrière les vitrines disparues des boutiques en ligne et les ateliers fermés, c’est tout un écosystème commercial local qui vacille, plongeant des millions d’Iraniens dans une crise économique aux dimensions inédites. Entre la perte d’emplois liée à la chute d’activité, la dépréciation record de la monnaie nationale et une inflation galopante, le quotidien devient une lutte pour la survie. Le scénario iranien illustre ainsi les conséquences dévastatrices de la double pression militaire et numérique sur l’économie d’un pays déjà fragilisé, tout en dressant un sombre tableau pour l’avenir des petites entreprises et de la classe moyenne.
Comment les coupures Internet aggravent la crise des petites entreprises en Iran
Depuis le 28 février, date du début des hostilités entre l’Iran, les États-Unis et Israël, le gouvernement iranien a instauré une coupure d’accès quasi totale à Internet, plongeant les petites entreprises dans la paralysie. Ce blocage affecte particulièrement les commerçants et artisans dont le commerce dépend des plateformes numériques.
- Impact direct sur le commerce en ligne : les boutiques comme celle de Sarina à Téhéran, qui vendent artisanat et décorations via Instagram, ont vu leur chiffre d’affaires tomber à zéro.
- Dépendance aux plateformes locales : l’activité se reporte sur des sites iraniens comme Divar ou Digikala, mais la faible liquidité des consommateurs freine la reprise.
- Perte d’emplois massive : plus d’un million de postes ont disparu dans le secteur privé, selon le vice-ministre du Travail, aggravant la pauvreté.
- Montée des coûts fixes : sans commandes, les entreprises accumulent dettes et charges qu’elles ne peuvent plus couvrir.
- Paralysie de la chaîne économique : les fabricants ferment faute de commandes, entraînant une réaction en chaîne vers la fermeture des commerces.
La cybercensure comme facteur aggravant de la pauvreté
Plusieurs experts estiment que la privation d’Internet prive un quart des 80 millions d’Iraniens d’une source essentielle de revenus et d’informations. Cela freine l’essor des nouvelles technologies et empêche les entrepreneurs d’adapter leur commerce au contexte mouvant.
- Coupure d’informations : les producteurs ne peuvent plus recevoir les commandes ou gérer leurs stocks efficacement.
- Démotivation des entrepreneurs : sans visibilité, ils cessent souvent leurs activités, entraînant une extinction de la dynamique locale.
- Fragmentation du marché : Internet restreint engendre une érosion de la confiance entre clients et vendeurs.
- Baisse de la demande : la pauvreté croissante réduit la capacité d’achat des consommateurs.
Conséquences économiques et sociales du conflit sur le commerce local
Au-delà de la coupure d’Internet, c’est toute l’économie nationale qui subit les contrecoups des conflits armés et des sanctions persistantes. La dévaluation sévère du rial, la flambée des prix alimentaires et énergétiques, ainsi que la compression des salaires mettent en péril la subsistance de millions d’Iraniens.
- Inflation galopante : les prix de produits essentiels comme le riz, l’huile ou la viande ont augmenté de 200 % à 400 % selon les statistiques officielles.
- Perte de pouvoir d’achat : le salaire minimum de 16 millions de tomans (soit environ 76 euros) ne suffit plus à couvrir des besoins vitaux.
- Explosion du chômage : des start-ups technologiques licencient massivement, faute de clients solvables.
- Exode de talents : de nombreux jeunes diplômés se reconvertissent dans des métiers précaires tels que la livraison.
- Tensions sociales accrues : les experts évoquent un risque élevé de nouvelles révoltes dues à la faim et à la détresse sociale.
Une crise économique qui menace la stabilité politique
L’instabilité politique aggravée par les répressions du régime, notamment lors des manifestations de janvier 2026, paralyse toute velléité de redressement économique. Avec des dizaines de milliers de manifestants tués ou emprisonnés, le pays connaît une fracture profonde entre autorités et population.
- Répression violente : les protestations économiques sont étouffées dans le sang.
- Perte de confiance : la classe moyenne, autrefois pilier économique, sombre dans la précarité.
- Blocage des réformes : l’impossibilité de dialogue freine toute reprise éventuelle du commerce local.
- Isolement numérique et commercial : la coupure d’Internet accentue le fossé avec le reste du monde économique mondial.
Perspectives et enjeux pour les petites entreprises face à la crise
Au cœur de cette tourmente, les petites entreprises cherchent des stratégies pour survivre malgré les coupures d’Internet et la dégradation du climat économique. Certains misent sur la diversification, d’autres espèrent un retour rapide de la connectivité Internet, mais les défis restent majeurs.
- Diversification des canaux de vente : passage partiel des activités vers des plateformes hors ligne traditionnelles.
- Renforcement du commerce local : coopération accrue entre artisans et commerçants pour faire face à l’incertitude.
- Adaptation aux coûts croissants : négociation avec fournisseurs et gestion stricte des stocks.
- Soutien communautaire : mise en place d’initiatives locales pour maintenir un filet économique de secours.
- Veille et plaidoyer : appui à des campagnes internationales contre la cybercensure et les sanctions économiques.
Pour comprendre les dynamiques similaires dans d’autres contextes de crise, vous pouvez également consulter des analyses sur les défis des entreprises en Europe dans des secteurs en difficulté comme dans cet article sur la suppression d’emplois à Figeac-Aéro ou les impacts inattendus des crises sur des chantiers hospitaliers dans la Loire. Par ailleurs, la situation économique iranienne fait écho à d’autres zones de conflit où le tissu commercial est également mis à rude épreuve, comme décrit lors des violences en Ukraine avec la crise humanitaire majeure.